CONARIV : Mgr Ahouana et Koné Mariatou se boudent !

1105
Le ministre Mariatou Koné est-elle à la base de la dissolution de la CONARIV ?

Les actifs de la CONARIV ont été officiellement transférés au Ministère de la famille, de la protection de l’enfant et de la solidarité. La cérémonie de passation qui a eu lieu ce 03 juillet a été boudé par Mgr Siméon Ahouana et Koné Mariatou, preuve que la disparition de la CONARIV n’est pas du goût des barons de cette institution.

Comme nous l’avions annoncé ce matin à notre une, la Commission Nationale pour la Réconciliation et l’Indemnisation des Victimes (CONARIV), suite à la décision du Chef de l’Etat de dissoudre cette institution, a procédé à la passation de charge avec le ministère de la Famille, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité. Ce lundi 03 juillet à son siège sis à Abidjan, la CONARIV a transféré ces « actifs » au Ministère dirigé par Mariatou Koné. Ce fût une cérémonie plate aussi bien en personnalité qu’en émotion vu que ni, le président de la CONARIV, Mgr Siméon Ahouana et la ministre Mariatou Koné n’étaient présents.

Ils se sont faits respectivement représentés par leurs Directrices de cabinet, Mesdames Karbo Berthe et Bosso Yvonne. Au moment où nous quittions les lieux en fin d’après-midi, les membres du cabinet du ministère s’enquéraient des documents que la CONARIV leurs a donné durant cette passation, signe d’une certaine précipitation dans cette procédure, marquée principalement par la remise de la liste des victimes et ayant droits de victimes des crises que la Côte d’Ivoire a connu. Ils sont selon Karbo Berthe, 316.954 victimes et ayant-droits de victimes recensées par la CONARIV à indemniser.

A présent, il s’agit dans les jours à venir pour le ministère de la Famille, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité de mettre en œuvre, l’indemnisation à grande échelle des victimes de guerre en Côte d’Ivoire, après la phase pilote qui avait été entamée en début d’année, a fait savoir la Directrice de cabinet de la ministre Mariatou Koné.

Pour sa part, la CONARIV a exprimé son vœu dans le même élan, « que s’amorce véritablement l’indemnisation des victimes », a plaidé Mme Karbo Berthe qui pour l’occasion, a fait un bref résumé du bilan des activités de la CONARIV, dont le point saillant fût la consolidation de la grille consensuelle des victimes et ayant droits de victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire.

C’est le 19 avril 2016 que la CONARIV conformément à ses missions, avait remis au Chef de l’Etat, son rapport final ainsi que le fichier unique consolidé des victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire. Quelques mois plus tard, par une ordonnance 2016 / 1147 du 22 décembre 2016, Alassane Ouattara mettait fin aux missions de cette institution. Les membres de la CONARIV seront informés de cette décision que récemment, c’est-à-dire le 13 juin 2017 ! C’est donc dans la suite logique de l’application de cette mesure que cette passation a mis effectivement fin à l’existence de la CONARIV, créée le 24 mars 2015 avec pour mission principale de parachever le travail de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CVDR), dirigé alors par l’ancien Premier ministre, Charles Konan Banny.

On se rappelle que la mise en place de cette institution à l’époque avait suscité beaucoup d’espoir pour la réconciliation des ivoiriens. Des célébrités de ce pays avaient même acceptés de faire partie de l’équipe de la CDVR, telles que le footballeur Didier Drogba. Au soir de la crise postélectorale, trois illustres membres des Elders, son président, l’Archevêque sud-africain Desmond Tutu, l’ancienne Présidente d’Irlande Mary Robinson et l’ancien Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan s’étaient rendus à Abidjan pour prôner l’apaisement et la réconciliation nationale. A cette époque, les autorités et les amis de la Côte d’Ivoire étaient main dans la main, en train de mettre en route, le chantier de la réconciliation nationale.

Mais au moment où intervient cette passation, qui sonne l’achèvement d’une grande partie du processus de réconciliation nationale entamée avec la CDVR, les signaux d’unité et de réconciliation sont loin d’être au vert. Le dialogue politique a accouché d’une souris et semble être mort à jamais. Quant à la justice qui devrait accompagnée cette réconciliation, elle semble toujours tournée à deux vitesses, jugeant les proches du camp de Gbagbo pendant que ceux de l’autre camp (celui du Chef de l’Etat) ne sont aucunement iniquités. L’atmosphère actuelle du pays sent le souffre. Les Forces nouvelles annoncent leur retour sur la scène et des voix, se réclamant du Commando invisible d’Abobo, se font entendre dans les médias !

Des mutineries ont semé peurs et inquiétudes au sein des populations. Des personnes y ont perdus la vie. Des caches d’armes ont été découvertes chez un proche du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Les Pro-Gbagbo pleurent leurs prisonniers politiques qui meurent selon eux, dans les prisons de Ouattara. La « mort » de la CONARIV n’est-elle pas un signe de trop surtout qu’elle intervient dans un contexte politique assez tendu ?

Dans l’immédiat, la guerre entre Mgr Siméon Ahouana et Koné Mariatou donne du grain à moudre au plan politique et rien d’autre ! La réconciliation et les victimes devront attendre que celui qui nomme et dégomme dans la République ne prenne le temps de calmer « l’homme de Dieu » et la très officielle « Madame Réconciliation » du régime Ouattara.

Alain P. Ahimou & Suy Kahofi

Commentaites

comments