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Reprise des tirs à Abidjan : menace sur les Jeux de la francophonie

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Après les récentes mutineries, les ivoiriens renouent encore avec les bruits de bottes. Les habitants de certains quartiers ont été traumatisés par des tirs dans la nuit de vendredi à samedi.

Abidjan a renoué avec les tirs durant la nuit du vendredi 14 au samedi 15 juillet 2017. Cette nuit a été encore un moment d’angoisse pour une partie des habitants de la capitale économique de la Côte d’Ivoire, notamment dans le quartier d’Abobo et ses alentours, à savoir PK18, N’Dotré et Angré. Dans la zone précise de N’Dotré, un riverain joint au téléphone parle « de tirs violents de 00 h à 4 h 30 environ ».

Les premières informations sur ces tirs ont commencé à envahir les réseaux sociaux vers une heure du matin. Les donneurs d’alerte évoquaient une « mutinerie » sans plus de détails. Une source nous fait savoir que les tirs à Abobo serait le fait de combats à N’Dotré entre les éléments du lieutenant-colonel Koné Zakaria (commandant de l’Unité de commandement et de soutien de l’armée de terre) et le « bataillon Projectable » qui comprend 2600 éléments.

Ces derniers auraient attaqué les éléments de Zakaria qui ripostaient donc. Mais dans la confusion qui régnait, difficile de dire qui des éléments du colonel Zakaria ou du « bataillon Projectable » ont « réquisitionnés » des véhicules des CRS et pour quelles raisons. Difficile également de dire si la coupure du signal radio de la police dans la zone d’Abobo était officielle ou le fruit du sabotage des installations. C’est donc un vent de confusion et d’interrogation mêlé à la peur qui était palpable sur les réseaux sociaux durant les premières heures de cette journée du samedi.

⌈A lire pour tout comprendre sur les mutineries de janvier à juillet 2017

Plus inquiétant encore ! Ces tirs interviennent à moins d’une semaine des 8ème Jeux de la francophonie qui se tiennent à Abidjan du 21 au 30 juillet 2017. Un événement sportif et culturel international d’envergure que des ex-combattants avaient déjà menacé de perturber si leurs revendications n’étaient pas prises en compte par le gouvernement.

Ils réclament le paiement de primes de 18 millions de FCFA, déjà payés à leurs frères d’armes – qui s’étaient mutinés début janvier 2017 et les mois qui ont suivi – avec qui ils ont combattus durant la rébellion et la crise postélectorale pour le camp Ouattara. En tout cas, ces bruits de bottes cycliques ne rassurent pas sur la situation sécuritaire de la Côte d’Ivoire.

Alain P. Ahimou

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